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Numéro 60 du mois d'avril 2006
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Edito
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Une spécialité
française bien connue?
Il ne s'agit pas de produits du terroir, pas plus que du vin,
ni de la baguette. Point de Mont Saint-Michel, ni de Tour Eiffel?
Au-delà de ces images stéréotypées, il
y en a une autre qui colle à la France et non sans raison :
le pays des droits de l'Homme ; et en premier lieu de la liberté
d'expression. Celle-ci passant bien entendu par le droit de grève
et de manifester.
Les Français sont bien habitués à ce qu'ils
appèlent pudiquement les mobilisations et les mouvements sociaux.
Parce qu'en France, la fréquence de l'usage de ces droits à
conduit à l'enrichissement de la langue, avec l'apparition
de figures de styles à la hauteur de sa culture mondialement
reconnue.
A l'heure où nous bouclons ce numéro, la France s'apprètent
à vivre, selon la presse, un Mai 68 version XXIe siècle
pour cause de mécontentements (autre grand mot de la langue
française moderne) vis-à-vis du CPE (Contrat de Première
Embauche). Les médias, dans leur très grande générosité,
précisent d'ailleurs la liste des secteurs perturbés.
On vous épargnera ladite énumération, bien connue
de toute personne ayant habité au moins une année en
France. Un chiffre seulement : 135. C'est le nombre des manifestations
prévues partout en France.
Rappelons brièvement le problème présent : le
CPE a été créé pour apporter de la flexibilité
sur le marché du travail français, en facilitant le
licenciement des personnes employées sous ce contrat pendant
deux ans. Certes, il facilite le licenciement, mais il a surtout été
pensé et préparé pour faciliter l'embauche des
jeunes, qui sont parmi les premières victimes du chômage
! Il est vrai qu'il y a de quoi être révolté devant
une telle audace libérale dans un des pays les plus sociaux
d'Europe. On en comprendrait presque le million de manifestants scandant
que CPE est synonyme de précarité, justifiant bien des
actions : " prise en otage " des civils, casses de magasins,
de voitures?
Démystifions l'entrepreneur qui n'appartient pas, malgré
la croyance actuelle qui semble largement répandue, à
cette espèce d'homo perversus. L'homo entreprenarius ne se
réveille pas tous les matins avec l'idée démoniaque
de savoir qui, le jour-même, il va pouvoir licencier. Le chef
d'entreprise serait-il masochiste au point de vouloir se séparer
de collaborateurs utiles et compétents? Seule une personne
qui ne connaît pas le monde du travail et de l'entreprise peut
tenir un tel raisonnement. Et voilà, nous y sommes : les manifestants
et les grévistes étaient jusqu'à présent,
dans leur très grande majorité, des lycéens et
des étudiants.
Dans un pays qui ne parvient pas à passer sous la barre
des 10% de chômage, ne devrait-on pas se satisfaire des propositions
de solutions du gouvernement et de l'introduction de plus de flexibilité
sur le marché du travail ? Alors qu'on ne cesse de nous le
répéter depuis des années : c'est la rigidité
du marché qui bloque les embauches, et par voie de conséquence,
la croissance. Les 35 heures ont eu leur chance, pourquoi pas le CPE
?
Autre pays, autre problème : en Pologne les sans-emplois
attendent que le gouvernement, en place depuis plusieurs mois, se
penche sur leur sort et propose des solutions aux 18% de chômeurs.
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Regards
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Kiosque
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Politique
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- L'actualité
en bref
- UKIE - une mission de coordination transversale
Entretien avec Jaroslaw Pietras, secrétaire d'Etat, chef
de l'Office polonais du comité d'intégration européenne.
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Economie
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- Conjoncture
: vers une croissance non inflationniste
Même si la croissance en 2005, qui s'est élevée,
d'après l'Office des statistiques (GUS) à +3,2%, était
finalement inférieure au consensus du marché (+3,4%),
les économistes se félicitent de l'accélération
de sa tendance qui, s'établissant à respectivement +2,1%,
+2,8% et +3,7% sur les trois premiers trimestres 2005, ressort à
+4,2% au 4ème trimestre.
- Agora S.A. : de la cave à la bourse
L'école maternelle près de la rue Iwicka
à Varsovie l'avait vue grandir dès 1989. La jeune élève
atypique s'appelait Gazeta Wyborcza. Ainsi commence la saga du quotidien
polonais : dans les caves de la maternelle, où les membres
de la rédaction tirèrent à la main les premiers
numéros du journal.
- L'actualité en bref
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Europe
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| - Une
Fondation au service de l?Europe
Crée en 1991 par quelques personnalités
polonaises liées aux changements politico-économiques
des années 1989-1990, parmi lesquelles Tadeusz Mazowiecki -
ancien Premier ministre - et Piotr Nowina-Konopka - ancien ministre
d'Etat -, la Fondation polonaise Robert Schuman - fondation-soeur
de celle de France - s'est donnée pour mission, de préparer
la société polonaise à l'entrée de la
Pologne dans l'Union européenne et de prendre une part active
dans la construction européenne.
- L'actualité en bref
- L'Albanie dans sa longue marche vers l'UE
L'Albanie devrait faire un pas en direction de l'Union
européenne en signant au printemps un accord de stabilisation
et d'association, même si Tirana est très loin d'être
acceptée comme candidate officielle par les 25.
- Le G6 lutte contre l'immigration illégale
Les ministres de l'Intérieur des six pays les plus peuplés
de l'UE, regroupés dans un G6 pour la première fois
élargi à la Pologne, se sont penchés à
Heiligendamm (en ex-RDA, ndlr), au bord de la Baltique, sur l'intégration
des étrangers et la lutte anti-terroriste. Confrontées
à des vagues massives d'immigration du fait des filières
de passeurs contrôlées par la criminalité organisée,
l'Allemagne, la France, la Grande-Bretagne, l'Espagne, l'Italie et
la Pologne sont tombées d'accord pour améliorer leur
coopération contre l'immigration illégale, mais également
pour réfléchir ensemble à la manière de
mieux intégrer les étrangers.
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Echos d'ailleurs
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| - L'actualité
en bref
- Elections en Biélorussie : révolution ou
sursaut démocratique ?
Le dictateur Alexander Loukachenko tient sa parole et s'est fait
élire pour une troisième fois consécutive à
la présidence de Biélorussie, après avoir modifié
à maintes reprises la constitution sur les limites du mandat
présidentiel. Le score est sans appel pour l'opposition : plus
de 83% pour le Président sortant et 6% environ pour le parti
contestataire représenté principalement par le candidat
pro-européen Alexandre Milinkevitch qui a qualifié le
scrutin de " prise de pouvoir anticonstitutionnelle ".
- Paris, Milan, ... Lódz : le stylisme polonais est
à la mode !
Les 16, 17, 18 et 19 mars s'est tenu le festival Mode & Tissus
non loin de Strasbourg à Sainte-Marie-aux-Mines dans le Val
d'Argent.
Région industrielle autrefois très riche grâce
aux mines d'argent, de plomb et de cuivre, cette vallée cultive
encore aujourd'hui son autre richesse : l'industrie textile. S'il
n'y a plus qu'une seule fabrique toujours en activité, un festival,
Mode & Tissus, réunit deux fois par an depuis 1973 l'essentiel
des grands fabriquants de tissus travaillant pour des marques prestigieuses
telles que Chanel, Christian Lacroix ou encore Ungaro. Preuve que
si la majorité des productions textiles est actuellement fermée
pour être délocalisée en Asie ou en Afrique du
nord, une production française synonyme de qualité et
réservée aux grandes marques de luxe ou de haute-couture
est encore possible aujourd'hui dans l'Hexagone !
- La Pologne à l'honneur de la Biennale de l'image
de Nancy
Des liens très forts avec la Pologne nourrissent
la mémoire des Lorrains. La ville de Nancy s'attache régulièrement
à faire vivre cette mémoire commune dont l'épisode
le plus connu remonte au XVIIe siècle avec la présence
à Nancy du roi Stanislaw Leszczynski. Beaucoup de Nancéens
se souviennent d'ailleurs de l'exposition Stanislaw Leszczynski ?
un roi de Pologne en Lorraine qui s'était tenue au Musée
lorrain en 2005 et qui attira de nombreux visiteurs.
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Dossier
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| - Les Polonais à
Bruxelles : une communauté insoupçonnée
A Bruxelles, quel est le point commun entre prendre le
métro, faire ses courses au populaire marché du Midi,
et se promener dans le quartier Saint-Gilles ? A priori aucun. Mais
dans ces trois lieux, comme dans beaucoup d'autres de la capitale
belge, les probabilités pour que vous entendiez parler polonais
sont plutôt élevées.
- Bruxelles, une niche pour l'immigration polonaise ?
Elzbieta Kuzma est originaire de Cracovie. Lorsqu'elle
vient à Bruxelles pour la première fois il y a quelques
années, pour rendre visite à sa soeur qui faisait un
stage à la Commission européenne, elle en repart avec
un constat : il semble y avoir beaucoup de Polonais dans la capitale
belge. Alors étudiante en sociologie à l'Université
de Cracovie, elle consacre son mémoire à la thématique
des Polonais en Belgique, sujet jusque-là inexploré.
Elle enchaîne sur un doctorat, toujours sur le même thème.
Commencée à Cracovie, sa thèse, intitulée
La Communauté transnationale des immigrés polonais à
Bruxelles. Description et analyse d'un nouveau phénomène
social, l'emmène vivre dès 2002 à Bruxelles pour
y effectuer le travail de terrain, les entretiens et les enquètes.
Elle est aujourd'hui sociologue et travaille à l'Université
libre de Bruxelles (ULB) sur l'immigration en Europe centrale et orientale.
- Il faut montrer qu'on peut faire des choses constructives
?
Isabelle Petelski est une pierre angulaire de la communauté
polonaise à Bruxelles. Et pourtant, elle le dit d'emblée
: " je ne suis plus polonaise ". Fille et épouse
de Polonais, Isabelle est quant à elle née en Belgique
et y a vécu toute sa vie. A Bruxelles, elle a créé
le journal Gazetka et tient un restaurant qui fait la part belle aux
spécialités polonaises. A coup sûr, Isabelle contribue
à l'épanouissement et au bien-être de la communauté
polonaise dans la capitale belge. Ca tombe bien, c'est tout ce qu'elle
souhaite.
- Niech zyje Unia Europejska !
Le visage de la communauté polonaise de Bruxelles
a beaucoup changé ces dernières années. Ils étaient
auparavant travailleurs illégaux, venus en Belgique pour quelques
mois seulement avant de repartir en Pologne ; aujourd'hui de plus
en plus de ces " Polonais bruxellois " sortent de l'ombre
et de l'illégalité et s'intègrent à la
vie de la capitale européenne.
Justement, l'élargissement de l'Union européenne du
1er mai 2004 a contribué à l'arrivée de nouveaux
Polonais. Qu'ils travaillent au sein des institutions ou de lobbies,
tous ont la passion de l'Europe ; une passion qui leur a fait quitter
la Pologne pour Bruxelles.
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Société
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| - L'actualité
en bref - Qui pro quo franco-polonais : merci de
rien
Comme tous les mois, notre chronique explique comment éviter
les malentendus qui contrarient la fluidité de la communication
entre Francais et Polonais, tant en famille que dans les affaires.
- Chroniques : détrompez-moi !
Je ne comprends plus rien. Un peu comme le dérèglement
du climat, certaines choses font qu'on se sent un jour tout perdu,
nos repères sont bouleversés, les pistes brouillées?
par exemple on a connu récemment plusieurs années où
la nature a commencé à bourgeonner fin janvier, avant
d'être rappelée à l'ordre, (on a déjà
vu de la neige en avril?) et on s'est senti un peu perdu, c'est bien
normal. A chaque fois, on se décharge, mais non ce n'est la
faute de personne, ou plutôt de tout le monde à la fois,
c'est le réchauffement de la planète? bref on se sent
impuissant.
- Jean-Marie Tran Van, humain par vocation
Dirigeant de la filiale polonaise du groupe hôtelier Louvre
Hotels, conseiller du commerce extérieur, membre du conseil
de la Chambre de commerce, président du Fonds de coopération
franco-polonais, Jean-Marie Tran Van estime qu'il est important de
pouvoir donner de son temps et de ses moyens pour aider les autres.
- Les produits dérivés Jean Paul II font un
tabac en Pologne
Un an après la mort du pape polonais, le commerce
des souvenirs et objets les plus divers liés à Jean
Paul II est plus florissant que jamais en Pologne, dans les églises
mais aussi dans les supermarchés ou sur Internet.
- La Pologne fait maintenant partie du Monde Diplomatique
L'arrivée d'un nouveau titre de presse est un phénomène
plutôt banal de nos jours en Pologne, comme le rappelle les
innombrables campagnes de publicité qui accompagnent généralement
le lancement de nouveaux journaux ou magazines sur un marché
de la presse écrite pourtant en net recul. Le faible niveau
de lecture n'empèche cependant pas des événements
de se produire : Le Monde Diplomatique, le très sérieux
mensuel français, se retrouve dans les kiosques en version
polonaise depuis le début du mois de mars.
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- Lecture : Marian Pankowski,
un Polonais dans les Flandres
Installé depuis 1945 à Bruxelles, Marian Pankowski
est l'auteur d'une oeuvre littéraire qui a su allier gravité
du souvenir et jubilation du style : quand l'oralité garantit
l'ironie et la compassion.
- Découverte : la brasserie
de Tychy, deux heures et demie pour un demi
Certains croient que Dieu a créé dans un premier
temps la bière avant d'en séparer l'eau?Qui sait ? Quoi
qu'il en soit, la bière est arrivée en Pologne par l'intermédiaire
des moines au Moyen Age. C'est l'histoire que vous raconteront les
guides de la brasserie de Tychy où est produite la Tyskie,
l'une des meilleures bières polonaises, qui vient de recevoir
à Munich, pour la deuxième fois, un Oscar de la bière
- Découverte : un château bien reconverti
A 30 kilomètres d'Opole, à la rencontre de deux
affluents de l'Oder (la Biala et l'Osobloga), se situe Moszna, un
ancien hameau au centre duquel s'élève un château
original au coeur d'un vaste parc paysager, bâti à la
charnière des XIXe et XXe siècles.
- Exposition : visions sans concession, illusion, manipulation
et infini
Le Musée de Warmie et de Mazurie accueille les oeuvres
de Józef Robakowski, Antoni Mikolajczyk et Zygmunt Rytka à
Olsztyn jusqu'au 30 avril. Cette exposition organisée par la
Fondation In Situ* sera l'occasion d'un regard sur l'histoire de l'art
vidéo et de la photographie en Pologne des années 70
à aujourd'hui. Après Olsztyn, l'exposition Energia przekazu:
Mikolajczyk, Robakowski, Rytka sera présentée tour à
tour à Gorzów Wielkopolski puis à Szczecin et
à Varsovie.
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7ème art
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Sorties
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Varsovie Pratique
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Petites Annonces
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Vie Associative
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