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Numéro 85
du mois de mai 2008
Edito

Chassé-croisé franco-polonais

D’aucuns auront peut-être suivi le défilé des différents VIP politiques et économiques français ces derniers mois en Pologne.
Hervé Morin, ministre de la Défense français, était en visite le 20 mars dernier à Varsovie, où il s’est entretenu avec son homologue, Bogdan Klich de la construction de l’Europe de la Défense et de la coopération bilatérale.
Zbigniew Ćwiąkalski, le ministre polonais de la Justice rencontrait à Paris son homologue Rachida Dati mi-avril, avec qui il aborda les questions d’intérêt bilatéral comme l’installation prochaine d’un magistrat de liaison polonais à Paris, mais aussi des points de la présidence française de l’UE ainsi que de la coopération entre les ministères de la Justice et les écoles de justice des deux pays – la visite s’étant achevée par la signature d’une convention entre l’Ecole nationale des greffes, l’Ecole nationale de la magistrature et le Centre national de formation judiciaire polonais (leur homologue).
Au même moment Bernard Kouchner était à Varsovie où il assista aux célébrations du 65ème anniversaire du soulèvement du Ghetto de Varsovie, co-présidées par le Président Kaczyński et le Président Shimon Perès. Il remit à cette occasion les insignes de commandeur de la Légion d’honneur à Marek Edelman, le dernier commandant survivant de l’Insurrection.
Le chef de la diplomatie française aurait presque pu croiser Bernard Accoyer, le président de l’Assemblée nationale qui passa quelques jours dans la capitale polonaise et rencontra les plus hautes personnalités de l’Etat et du gouvernement (le Président Kaczyński, le maréchal de la Diète, Bronisław Komorowski, le maréchal du Sénat, Bogdan Borusewicz, ainsi que Waldemar Pawlak, vice-Premier ministre et ministre de l’économie).
La semaine précédente une délégation du Medef International d’une quinzaine de chefs d’entreprises s’était rendue en Pologne.

Le mois dernier aurait également du voir la visite du Président Sarkozy le 23 avril. Malheureusement celui-ci a du reporter son voyage pour cause d’un agenda chamboulé par l’enterrement du poète et homme politique français – grand seigneur de la négritude - Aimé Césaire. Certains journalistes français et polonais ont vu dans ce contretemps un changement d’atmosphère entre nos deux pays.
Pour notre part, nous avions prévu de vous parler plus amplement des relations franco-polonaises, et de finir avec la visite présidentielle. Il faudra donc patienter encore un peu car à l’heure où nous bouclons ce numéro les emplois du temps de nos VIP respectifs ne sont pas très compatibles, et trouver une nouvelle date commune ne semble pas si facile.

Quoi qu’il en soit, à la rédaction des Echos de Pologne, les relations franco-polonaises sont toujours aussi bonnes. Je profite de l’occasion pour rassurer les lecteurs, qui suite au dernier éditorial me voyaient déjà m’envoler vers d’autres cieux... Il n’en est rien ! La preuve en est la signature ci-dessous et les pages qui suivent que je vous souhaite de lire avec le même plaisir que j’ai à suivre leur élaboration !

Virginie Little

 

Communauté

– Ma Pologne : Sylvie Suret, habite à Cracovie depuis l’été 2006.
– Nominations : Stefano Casadio ; nouveaux membres au conseil de la CCIFP
– Micro-trottoir : Ì‚êtes-vous superstitieux ?
– Communauté des Echos

 

Regards


EURO 2012 à rebours : Les aléas de l’euphorie slave
La Pologne insolite : Zlotoryja, le Klondike polonais
 
Politique

« La Pologne a réalisé des progrès remarquables dans la protection de la nature ». Entretien avec le ministre de l’Environnement, le professeur Maciej Nowicki.

 

Economie

Conjoncture : Ralentissement possible de la croissance

La série de trois hausses des taux directeurs opérées par le Conseil de la politique monétaire (RPP) depuis le début de l’année n’a eu qu’un impact limité sur l’évolution des prix, l’inflation en mars ne s’inscrivant qu’en très légère baisse (4,1% d’après les prévisions du ministère des Finances) par rapport au mois de février (4,2%). Le relèvement du taux de référence pour la troisième fois consécutive cette année (à 5,75%) pourrait en revanche avoir un net impact sur la croissance dont la prévision pour la Pologne vient d’être légèrement révisée à la baisse par le FMI à 4,9% (à comparer avec la prévision du ministère polonais des Finances de 5,5%).

Les graphiques de la conjoncture

L’entretien du mois : avec César Giron, directeur général de Wyborowa. « Les Polonais redécouvrent leur marque Wyborowa avec fierté. ».

L’actualité en bref

 

Europe

Le Parlement européen souffle 50 bougies !

« Aujourd'hui, les choses ont totalement changé. Nous vivons dans un monde multipolaire, où le mot d'ordre n'est plus seulement la compétition politique ou économique, mais bien la coopération. » Janez Jansa. L'Europe n'en finit plus de se fêter ! Après l'anniversaire du Traité de Rome, c'est au Parlement européen de fêter ses 50 ans... et en musique !

 

Echos d'ailleurs

Mathieu Boisadan. Une pause dans la tourmente ?

Chaque jour, la société de l’information nous happe. Diffusant son lot de gros titres, d’images et de drames, elle nous enferme peu à peu dans notre impuissance à réagir. Et si, pour une fois, ce tourbillon médiatique se mettait sur pause. Si, pour une fois, on le prenait à son propre jeu pour l’enfermer à son tour.
C’est ce que propose Mathieu Boisadan en exposant son travail de peinture. Chaque toile est pour lui un écran. Il y fixe, à partir de photographies choisies, une image forte qu’il réinvente en noir et blanc et à grands coups de brosses. C’est une peinture énergique, nerveuse, qui propose du sentiment là où, trop souvent, il n’y en a plus. C’est l’œil du peintre qui décide de s’arrêter pour nous forcer, enfin, à regarder en direct.

 

Qui sont les Polonais de Kirovograd ?

Au milieu du XVIIIe siècle, le gouvernement russe décide de construire une forteresse sur la rive droite du Dniepr, aux marches de l’Empire, aux abords de la zone contrôlée par les Turcs (au sud de l’Ukraine actuelle). En quelques années, une ville se développa près du fort et fut baptisée Elizavetgrad. Au fil des années, ce centre administratif et industriel attira de nombreux migrants de nationalités différentes : Allemands, Bulgares, Arméniens, Polonais, de même que des minorités juives. Les Polonais, dont la présence aux alentours de la ville est liée à l’expansion de la Rzeczpospolita à l’est de la Pologne actuelle, n’ont jamais dépassé les 2 à 3% de la population. Cette minorité a pourtant marqué la vie culturelle locale, grâce notamment aux concerts et à la renommée du compositeur Karol Szymanowski.
Rencontre avec Alexander Ivanovicz Polaczok, président de l’association Polonia Karol Szymanowski.

 

Un comte comédien sur les traces de ses ancêtres polonais

Guillaume de Louvencourt n’est pas exactement le genre de personnes que l’on s’attend à rencontrer à la simple lecture de son nom. Ce descendant de la famille Poniatowski, du dernier roi de Pologne, revendique la simplicité, tout en entretenant la mémoire de ses aïeux et en consacrant beaucoup de son temps, de son énergie et de sa foi à des actions sociales.
A l’occasion de son récent voyage en Pologne, la rédaction des Echos de Pologne a rencontré Guillaume de Louvencour, quelques heures avant son retour en France après 4 jours d’intenses visites et de rencontres riches qui l’on conduit de Cracovie à Oleśnica en passant par Varsovie et Kościan près de Poznań.

 

Chroniques

La chronique de Baba Yaga : En mai, fais ce que tu sais

Comme toutes les personnes qui prennent de l’âge, j’attache une certaine importance à des choses qui peuvent paraître, à certains, un peu désuètes... Parmi elles, la tradition du 1er mai est un bon exemple. Imaginez un peu. Un jour férié qui ne commémore ni une guerre ni une fête religieuse ; une vraie fête populaire, quoi. Qui plus est, dédiée aux travailleurs que nous sommes tous, chacun à notre façon. Cette fête, chacun la vit à sa manière. En restant dans son lit pour savourer ce doux moment d’inactivité, ou alors en allant rejoindre ses camarades et défiler dans la rue. Pour revendiquer (toujours et encore), ou simplement pour partager ce moment.

Apprentissage chronique par Virginie Little : Des diminutifs pas si petits...

Le mois dernier (w zeszłym miesiącu) nous avons parlé des diminutifs (zdrobnienie) utilisés des noms propres (rzeczownik własny). La langue de Mickiewicz utilise également ce phrasé dans le vocabulaire courant. « Courant » c’est le moins que l’on puisse dire...
Les plus fraîchement débarqués au pays ont pu se rendre compte, en tendant l’oreille pour qu’elle se familiarise avec les sonorités slaves éventuellement nouvelles, que cette langue contient bien des mots en [-eczka], [-ik], [-ek]... pourtant tous ne sont pas présents dans le dictionnaire.

 

Dossier

La cynégétique po polsku

Les chasseurs disent de la chasse en Pologne que c’est un système socialiste. L’organe principal, ou en tout cas central du système, Polski Związek Łowiecki, trouve qu’il est très bien organisé. Loin de nous l’idée de lancer ici un débat ni même de prendre parti pour les uns ou pour l’autre. Ne voyez pas non plus dans les articles qui suivent une quelconque forme de prosélytisme. Ce dossier est né d’une constation de longue date : les chasseurs étrangers et en particulier les Français aiment à venir pratiquer leur passion en Pologne. Voyage au cœur de la pratique cynégétique po polsku.

 

Société

Livres en fête

En 2007, le marché polonais du livre a vu paraître près de 13 000 nouveaux titres et a atteint un chiffre d’affaires record de 2 490 millions de zlotys. A bien des égards, ses caractéristiques s’approchent de plus en plus des marchés mûrs de l’Europe occidentale.

 

Un nouveau Routard dans le sac à dos

A l’occasion de la sortie de la nouvelle édition du Guide du Routard Pologne et capitales baltes, Olivier Page, l’un de ses rédacteurs, présente son métier et les nouveautés de la version 2008-2009.
On l’imagine facilement avec son sac de globe-trotter sur le dos. Olivier Page, 52 ans, est rédacteur au Guide du Routard depuis plus de vingt ans. Cent vingt jours par an, il parcourt l’Asie, l’Amérique latine et l’Europe centrale. Et depuis trois ans, Olivier Page retourne chaque année en Pologne.

 

Histoire

Auguste II (1) (1697-1710)

Auguste II est né à Dresde. Il était le fils de l’électeur de Saxe Jean-Georges III (1680-1691) et de la princesse Anne Sophie du Danemark (1647-1717). En 1694, à la mort de son frère aîné, il devint prince électeur de cet Etat allemand sous le nom de Frédéric-Auguste Ier. A la mort de Jean III Sobieski (1696), il se convertit au catholicisme afin de pouvoir se porter candidat au trône de Pologne-Lituanie.

 

De Gaulle, l’ami visionnaire

Du 6 au 12 septembre 1967, le général De Gaulle (1890-1970), alors au sommet de son prestige, effectua un voyage officiel dans la Pologne socialiste. Celui-ci constituait une sorte de retour aux sources. En effet, en avril 1919, le jeune capitaine De Gaulle avait participé à la mission militaire française en Pologne dont le but était d’aider à la renaissance d’une armée nationale afin de faire face aux troupes bolcheviques alors menaçantes. Après avoir participé les armes à la main à la victoire de la Vistule contre « l’armée rouge » (août 1920), De Gaulle quitta la Pologne en janvier 1921 afin de se marier en France. Il n’y revint que 46 ans plus tard...

 

Exposition

Mija, Tadeusz, Mme Wichmann et Mr Broza...

Jusqu’au 22 mai, le Bunkier Sztuki à Cracovie accueille Depresja (Dépression), une exposition collective réunissant des œuvres interrogeant ce mal-être de plus en plus répandu dans le monde, la dépression. Elle affecte indifféremment des personnes de tous âges et de tous milieux, reste une maladie méconnue et souvent incomprise. Comment l’art contemporain peut-il aborder cette maladie qui porte en elle une altération de la relation au monde et à soi ?

 

Mary Kelly, pour un art militant

Le centre d’art Zamek Ujazdowski à Varsovie accueille jusqu’au 6 juin Words are things (Les Mots sont des choses), une exposition rétrospective consacrée à Mary Kelly. Attachée au mouvement de l’art conceptuel, elle développe depuis plus de trente ans de grandes installations où le langage est très présent.
L’engagement politique à travers le féminisme imprègne toutes les œuvres de cette artiste américaine depuis Post Partum Documents dans les années 1970 jusqu’à Love Songs aujourd’hui.

 

7ème art
Sorties

L'eau à la bouche

Avec le sourire et sans prétention... Restaurants à Gdynia

 

Petites annonces

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