Début des commémorations de l'insurrection de Varsovie
VARSOVIE, 30 juil (AFP) - La Pologne a inauguré vendredi trois jours de commémorations de l'insurrection de Varsovie, qui s'était soldée en 1944 par 200.000 morts polonais et la destruction quasi-totale de la ville sur ordre d'Adolf Hitler.
Les cérémonies de ce soixantième anniversaire, qui culmineront dimanche avec la première participation d'un chancelier allemand, Gerhard Schroeder, ont débuté par une messe célébrée à la cathédrale des armées à Varsovie.
Cette bâtisse fait face à l'imposant monument à la mémoire des insurgés, érigé seulement après la chute du communisme en 1989. La messe de vendredi, à laquelle assistaient de nombreux anciens combattants en uniforme, larmes aux yeux, a été dédiée au commandant militaire de l'insurrection, le général Antoni Chrusciel, exilé en Occident et mort en 1960 à Washington après avoir été privé par le pouvoir communiste de l'époque de sa nationalité polonaise. Ses cendres et celles de son épouse ont été rapatriées mercredi en Pologne pour être inhumées au cimetière militaire de Powazki où reposent de nombreux insurgés de Varsovie.
Vendredi après-midi, le maire de Varsovie Lech Kaczynski accueillait plus de 3.000 anciens combattants de l'insurrection, dont plusieurs centaines de Grande-Bretagne, de France, d'Allemagne et des Etats-Unis. Ils devaient défiler dans les rues aux côtés de Varsoviens, avant d'assister à un concert du souvenir en plein air, retransmis par la télévision publique.
Attendu dimanche, M. Schroeder déposera des gerbes et assistera à un concert de gala dans la soirée. A ses côtés se trouveront d'autres personnalités étrangères de premier plan: le secrétaire d'Etat américain Colin Powell ou le vice-Premier ministre britannique John Prescott, ainsi qu'une douzaine de maires européens. Aucun invité de Moscou n'est attendu à ces cérémonies, même si, lors de sa visite en Pologne en 2002, le président Vladimir Poutine avait fait un geste remarqué en allant fleurir le monument dédié aux héros de l'insurrection de Varsovie, tous des anti-communistes.
L'insurrection, lancée le 1er août 1944 par l'Armée de l'Intérieur (AK), était militairement dirigée contre les Allemands, mais politiquement contre Staline dont l'armée rouge avançait en libératrice vers la capitale polonaise. Agissant avec mandat du gouvernement polonais en exil à Londres, les insurgés espéraient ainsi libérer Varsovie des nazis, pour y accueillir en maîtres légitimes les troupes soviétiques. Mais Staline avait d'autres plans.
L'armée rouge s'est arrêtée sur la ligne de la Vistule aux portes de Varsovie et a laissé les nazis écraser l'insurrection, pour n'entrer que le 17 janvier 1945 dans une ville transformée sur l'ordre d'Hitler en un tas de ruines fumantes. Une partie de la capitale polonaise avait déjà été détruite par les nazis après l'écrasement du soulèvement précédent du ghetto juif, en avril 1943. Samedi matin, un musée de l'insurrection sera inauguré dans une ancienne centrale électrique de tramways à Varsovie, pour retracer les 63 jours de combats entre le 1er août et le 2 octobre 1944.
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